Gérer la douleur avec la sophrologie

sophrologie et gestion de la douleur


L’expérience de la douleur fait partie intégrante de nos vies. Constructive ou déstabilisante, douleur physique, mentale, émotionnelle… de près ou de loin nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre. Loin d’être tous égaux face à elle, en fonction de notre histoire personnelle, de notre sensibilité, nous avons, chacun, une façon différente de l’appréhender.  


La douleur : tantôt salvatrice, tantôt destructrice.  

Sa fonction première est de nous indiquer une anomalie, un dérèglement. Si nous posons la main sur une braise, le reflexe douloureux nous fait retirer la main immédiatement sans attendre que des lésions plus importantes apparaissent, sans même avoir besoin d’y penser la douleur fait réagir le corps pour le protéger. Si nous nous brisons une jambe, la douleur nous pousse à l’action, nous allons nous soigner pour arrêter de souffrir, ne pas aggraver notre blessure. Elle peut aussi parfois surgir dans nos vies, sans que nous l’attendions, ou plutôt là ou ne l’attendions pas… Un mal de dos peut ainsi nous indiquer ou  refléter un mal être plus insidieux, plus profond que nous n’avions pas conscientisé ou que nous ne voulions pas voir. La douleur est alors le seul moyen que le corps trouve pour nous rappeler à l’ordre, pour nous dire l’importance de nous mettre à l’écoute de notre corps. Elle nous pousse alors à l’arrêt physique et mental, à l’immobilité, à l’introspection. Nous en avons une expérience subjective, pour des symptômes identiques la douleur ne sera pas perçu, vécu de la même façon, elle a une dimension sensorielle, cognitive et émotionnelle. Elle peut exister sans qu’il y ait  forcément  de lésions tissulaires. En effet, parfois malgré une batterie d’examens, nous n’avons pas d’explications à sa présence.

Suite à un traumatisme par exemple une blessure  peut-être soignée et la douleur, malgré la consolidation, persiste. Elle perd alors son utilité, il ne reste que le désagréable.  Que la douleur soit expliquée ou non, sa prise en charge est nécessaire, car pour la personne la douleur est là et bien là, et elle prend de plus en plus de place dans sa vie. Elle nous affecte, change nos comportements. Nous pouvons nous voir refuser l’invitation à une soirée parce que nous avons mal ou même parfois par anticipation de la douleur elle-même, peur de ne pas être agréable pour les autres.  Retranché dans notre intériorité, notre subjectivité, difficile de communiquer, de la décrire, nous pouvons penser que nous sommes seul face à elle  et peu à peu elle nous enferme, lentement, insidieusement, elle prend toute la place.

La sophrologie, sans remplacer les médicaments, à sa place en tant qu’appui, support d’autres soins, par différents biais elle peut atténuer, soulager les personnes qui vivent avec une douleur. Elle agit en considérant la personne dans sa globalité, dans sa réalité. Son utilité la plus connue  est sans doute lors de l’accompagnement à l’accouchement, mais elle a aussi toute sa place à d’autres moments de notre vie. Lors de rééducation ; dans les hôpitaux avant des interventions douloureuses ; dans les centres antidouleurs pour des maladies telle que la fibromyalgie. Mais alors comment peut-elle agir ? 


La sophrologie une aide précieuse dans la gestion de la douleur.

Les techniques sophrologiques vont s’adapter aux besoins spécifiques de la personne.  La détente, la relaxation, l’écoute du corps  permettront de nous réconcilier avec notre corps, de nous rendre compte que nous ne sommes pas que douleur. La pratique de la Sophrologie, par le mouvement et en créant des expériences physique permet la réappropriation de son corps, l’écoute de ses sensations sans jugement, sans a priori, juste dans le constat de ce qui est ici et maintenant,  met en lumière de différentes zones du corps. Nous  nous reconnectons avec notre corps dans sa globalité, dans toute sa richesse. Ainsi, la sophrologie fait émerger d’autres possibilités : dans ce corps il y a de la douleur, oui, elle se localise dans cet endroit, mais il y aussi autre chose... De la chaleur, des sensations agréables ou neutres… Le corps est vécu comme réalité objective, une prise de recul par rapport à la douleur est alors possible. Elle nous permet de nous repositionner. Notre être tout entier n’est plus la douleur. Des mouvements légers et lents, en variant les amplitudes suivant nos possibilités, sans être dans la performance, juste pour expérimenter peuvent nous redonner confiance, même s’ils sont petits, la possibilité de mouvement existe.  

La Relaxation dynamique par la redécouverte dans le mouvement, les postures, les points d’appuis,  la tonicité de nos muscles, le travail d’équilibre, nous fait prendre conscience des possibilités que notre corps nous offre encore. Des exercices de concentration sur la respiration : pour des spasmes de l’intestin par exemple  la mise en place d’une respiration abdominale, nous montrent la possibilité d’agir en toute autonomie, sur une douleur aigue. Des techniques nous permettent de nous libérer de tensions inutiles, d’autres nous apaisent et apportent une détente physique et mentale. Bien que chaque sophronisation soit une expérience nouvelle et que le vécu est différent à chaque fois, sans être dans l’attente de tel ou tel résultat, l’expérience de l’atténuation de la douleur ou la disparition de la douleur incite à renouveler les exercices et à intégrer qu’il y a d’autres possibilités. Ces muscles tendus, figés par la douleur vont pouvoir récupérer de l’amplitude, de l’élasticité, une porte s’ouvre…Principe d’action positive…

La douleur physique fait place à d’autres sensations et apaise le mental, la crainte de la douleur elle-même s’abaisse, les muscles sont moins figés… si elle revient nous possédons  quelques clés pour la déloger. 


Apprendre à maitriser sa capacité de focalisation et de défocalisation

La sophrologie à travers des techniques de focalisation permet de modifier l’ampleur de la douleur. Nous pouvons alors l’observer, nous focaliser sur elle, la décrire, la localiser, lui donner une forme, une couleur et peu à peu la remodeler, nous  la réapproprier, peut-être des contours plus lissent, une couleur moins vive… En toute autonomie, nous lui donnons l’aspect que nous désirons, pour diminuer son intensité qu’elle devienne supportable. 
Ou alors avec d’autres techniques nous nous défocalisons de la zone douloureuse cela peut être avec des évocations positives ou évocation d’un lieu de détente. En effet, pendant que notre imagination fonctionne nous produisons des endorphines qui inhibent la libération des influx de la douleur. . Les visualisations positives maintiennent notre attention, le cerveau devient moins réceptif à la douleur. Ou encore en utilisant nos sens, odeur, goût pour se substituer à la douleur. Nous pouvons  par le mental induire une sensation et lui faire prendre toute la place, la chaleur, la lourdeur, remplace la douleur, les informations ne pouvant se superposer. 

La sophrologie  s’inscrit dans la temporalité. Elle prend en compte le passé, le présent et le futur. Chaque séance  intègre les bénéfices dans le quotidien de la personne. Et en plus d’autres techniques permettent de se projeter dans un avenir. Dans certains cas la guérison et la vie sans douleur peut-être envisageable, il ne s’agit pas d’une projection utopique déconnecté de la réalité.  Cette projection dans un avenir fait tendre le sophronisant vers son but sans occultés les difficultés du moment et la réalité, cela lui permet d’envisager une fin à cette douleur. Et pour d’autres, cela peut aussi être l’acceptation de la vie avec la douleur mais tout en gardant un contrôle sur elle… Se projeter en train de maîtriser la douleur, de la dompter en quelque sorte, peut aider à l’acceptation d’un handicap. Acceptation de ce qui est pour ce reconstruire avec l’intégration des changements et des nouvelles possibilités. 

La sophrologie peut donc apporter des solutions à la douleur. Elle nous aide à nous dissocier de la douleur, permet de ne pas s’enfermer. La pratique de la sophrologie  nous donne la possibilité d’être acteur, la prise de recul nous donne la possibilité d’agir et nous permet ainsi d’être plus en harmonie avec nous même, en acceptant ce qui est, nous pouvons ainsi mieux vivre avec…

Stéphanie WAROT - Esophro - Stagiaire session Semaine 2014