PORTRAIT. MARIE PIAU, FORMATRICE CHEZ ESOPHRO

Qui es-tu Marie et d’où vient ton lien avec la sophrologie ?

J’ai 41 ans, j’ai grandi en Normandie, j'habite et je travaille aujourd’hui en Vendée.

Je suis aussi l’heureuse maman de 3 enfants.
J’ai suivi des études de droit à Rennes et commencé ma carrière comme juriste au sein d’un service juridique, pour ensuite exercer mon métier dans une PMI (service de Protection maternelle et Infantile).

Ma 1ère rencontre avec la sophrologie remonte à la période où j’étais étudiante, en particulier lors de la préparation de mes examens.
Gestion du stress, concentration, sommeil… c’était très efficace pour moi.

Au cours de ma 3è grossesse, j’ai été accompagnée par une sage-femme qui m’a fait redécouvrir la puissance de la sophrologie et tous ses bénéfices.
A un moment de ma vie où je sentais le besoin de mettre plus de sens dans mon job et où je portais la vie, mon attrait vers un métier d’accompagnement,
tourné vers l’humain s’est imposé assez naturellement. J’allais devenir sophrologue.


Devenir Sophrologue professionnelle, ton parcours personnel

Comment as-tu connu Esophro ?

C’était en 2013. J’ai effectué de sérieuses recherches sur les formations pour me reconvertir comme sophrologue professionnelle.
J’ai rencontré Aurélie Lamy (fondatrice d’Esophro) et j’ai été très rassurée par la structure et le sérieux des programmes de formation de l’école.
Un cursus long, une formation solide, j’étais dans une véritable dynamique de reconversion, je menais un projet professionnalisant.

Que retires-tu de ta formation chez Esophro ?

Une toute nouvelle vie !

Entre 2013 et 2016, année de l’obtention de mon diplôme, j’ai beaucoup cheminé personnellement, comme c’est le cas pour tous les stagiaires.
Ce travail de développement personnel m’a été indispensable pour me reconnecter à moi-même et investir complètement ce nouveau métier.
Quand on a vécu cela, on est d’autant plus heureux d’accompagner les autres dans ce chemin vers eux-mêmes.

As-tu une spécialité ?

J’ai suivi le cursus de spécialiste complet, mais la petite enfance est mon domaine de prédilection.

T’es-tu lancée tout de suite à ton compte ?

Au sortir de ma formation, j'ai monté mon cabinet et j’ai continué mon travail de juriste, à mi-temps : j’oscillais donc entre deux activités.
Cela n’a duré que 6 mois, j’ai rapidement voulu me consacrer pleinement à mon nouveau métier. En plus du libéral, j’ai conclu un contrat de deux ans avec des écoles à La Roche-sur-Yon pour animer des séances sur les temps périscolaires. J’ai été à "bonne école" avec ce public, c’est extrêmement formateur.
 


Former à la Sophrologie en prison

Tu interviens aussi auprès de prisonniers, peux-tu nous en dire plus ?

Je fais partie d’un programme pour les détenus qui vont être prochainement libérés (en QPA Quartier pour Peines Aménagées).

Dans ce programme obligatoire, les détenus suivent un parcours pour favoriser leur réinsertion : préparation du CV et de l’entretien d’embauche, prévention sur les addictions, gestion de la colère et de l’agressivité… C’est sur ce dernier point que j’interviens avec les outils de la sophrologie.

J’anime 4 ateliers d’1h chacun, pour un groupe de 10 détenus maximum.
Mon module est axé sur 2 objectifs : "Se ressourcer" et "Abaisser l’intensité du stress".
C’est très utile pour des personnes qui peuvent adopter spontanément l’agressivité comme mode de communication.
 

Qu’est ce qui t’a menée à cette mission particulière ?

C’est grâce à mon adhésion au réseau Esophro.

Aurélie a proposé l’intervention en priorité à tous les membres du réseau, et j’ai eu envie de vivre cette aventure.
D’un point de vue professionnel, cela me permet de me forger une nouvelle expérience vis à vis d’un public plus complexe, avec des enjeux forts.
Pour “la petite histoire”, quand j’étudiais le droit j’étais très attirée par l’univers de la criminologie. Je crois que cette mission m’était en quelque sorte "réservée",
car elle fait le lien entre mes 2 vies professionnelles, de façon évidente.


Et puis, d’un point de vue personnel, je pense qu’on a tous le droit à une deuxième chance et je trouve formidable de faire découvrir la sophrologie à un public qui n’y aurait pas forcément eu accès.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontrés, et quelles satisfactions en tires-tu ?

Je ne parlerais pas vraiment de difficultés, mais il faut être clair : les hommes avec qui je travaille ne sont pas là de leur propre initiative, ils sont soumis à un dispositif de réinsertion obligatoire, et c’est un juge qui valide leur sortie effective.

Dans mes ateliers, il y a donc fréquemment de la résistance, de la défiance, du désintérêt… c’est assez hétérogène.
Je n’ai jamais subi de comportement agressif envers moi, mais il leur arrive d’être violents entre eux.
La satisfaction, c’est lorsque je reçois des retours positifs de certains participants ! Si j’ai pu aider au moins une personne par session, pour moi, c’est déjà une victoire.

As-tu prévu de poursuivre ?

J’ai participé récemment à une réunion avec l'ensemble des équipes du programme et le bilan est positif.
Le dispositif est reconduit, et pour ma part, je poursuis avec enthousiasme cette année.

Merci Marie !