Du changement à l’acceptation…

Les demandes de nos clients, que cela soit en psychologie ou en sophrologie, sont bien souvent orientées sur le changement.
« Je veux changer », « Je veux arrêter d’agir toujours de la même façon »,  « Je veux comprendre et modifier mon comportement dans telle situation » et d’autres encore !  


Bien souvent, notre réponse, au fil des entretiens, se focalise beaucoup plus sur l’idée de l’acceptation.
Accepter ce que je suis, accepter mon fonctionnement, accepter ce que je ne peux changer, chez moi, chez les autres… cela permet déjà du changement.

Parlons de cette patiente qui consulte pour comprendre comment elle peut changer sa façon d’être dans ses relations, elle se sent trop timide, parfois même introvertie.
Je lui demande en quoi son introversion est une gêne. Sa réponse est assez flagrante : « ce sont les autres qui me disent que je ne devrais pas être comme ça » !
La confiance en soi, alors, ne serait-il pas d’affirmer simplement à l’autre que chacun est différent et que l’extraversion ne vaut pas mieux que l’introversion ?



Il paraît important de bien comprendre ce qui provoque de la souffrance chez un client, et en termes plus sophrologiques, qu’est-ce qui l’empêche d’être heureux en étant tout simplement soi ?

En effet, l’anxiété et la dépression sont les principales souffrances que nous retrouvons chez les personnes qui consultent.
Parfois, nos habitudes, nos peurs, nos conditionnements nous entravent.
Parfois, nous sommes obligés de compenser nos manques et nos besoins par des conduites à risque, toxicomaniaques, des conflits avec les autres, des situations d’échec à répétition.
Parfois, la partie économique de notre psychisme nous entraîne vers la souffrance car elle est plus simple que le changement, plus simple que de sortir les choses qui font mal des placards dans lesquelles nous les avons mis. Ce choix est bien entendu inconscient. Il permet de comprendre ces personnes que nous suivons depuis des mois et pour qui, finalement, aller mieux ne paraît pas si simple…

Et quand l’acceptation apparaît au fil de nos échanges.
Accepter nos limites, accepter les échecs, accepter que le changement puisse se concrétiser dans de petites actions, accepter que ces minimes changements n’arrivent pas tous les jours, accepter de ne pas se surcharger pour se prouver "qu'encore une fois nous n’y arriverons pas"…


Dans les thérapies cognitives, 5 domaines d’acceptation sont travaillés :
  1. L’acceptation de soi augmente l’estime de soi. Ici, c’est un effet miroir qui est recherché. Si le praticien accepte le patient tel qu’il est, alors il le peut aussi.
  2. L’acceptation de nos limites : nous pouvons seulement changer ce qui dépend de nous.
  3. L’acceptation de nos émotions, agréables ou désagréables. Elles ont toutes leur place, pas de hiérarchisation des émotions. Essayer de les vivre plutôt que de les contrôler.
  4. L’acceptation des autres et de ce que nous ne pouvons pas changer chez eux (ou pour eux).
  5. L’acceptation du monde. Accepter qu'il puisse être dangereux, que les échecs et les traumatismes y existent, c’est déjà parler de résilience.

C'est l’acceptation qui va permettre le changement. Car bien souvent, notre manque d’indulgence avec nous-mêmes, avec les autres, l’envie d’être compris, entendu, de changer les autres, nous amène à des souffrances psychiques intenses.
Les sophrologues parleraient sûrement du « lâcher prise ».